Covidweglauf 100 days

Au jardin confiné

Le 19 mars 2020 a débuté une course au long cours. Imprévue, improbable, impromptue.
Une course confinée -- au jardin -- sur une boucle de 125m de long, en forme de 8 imparfait, tracée pour l'occasion et au gazon désormais dévasté par déjà 3 semaines de piétinement répété à longueur de langueurs exacerbées, de séances de course-en-soi sans cesse dupliquées.
Covidweglauf 100 days
Au fil de ces séances débiles, une routine s'est bientôt mise en place. D'elle-même, sans préparation.
Huit boucles à enchaîner pour construire patiemment chaque kilomètre cumulé avant d'inverser le sens de parcours et de réorienter le jobard hamster, pas-plus-que-ça décontenancé, mais aux articulations malmenées.
Trigo, horaire, trigo, horaire, trigo, ... A toute heure du jour et de l'ennui, le géomètre arpente son jardin, le temps d'une petite pause dans le néant du quotidien.
 
Parallèlement à cette activité mécanique, géométrique, réglée comme du papier à musique, et exécutée sans y penser par un pavlovien cobaye à l'esprit dispos à vaquer, une autre composition -- je serais bien en peine de la qualifier -- a commencé à m'imposer sa profusion... à l'oreille et sans partoche, sous la dictée des senteurs du jardin, de la sakurisante poésie du cerisier en fleurs, de la fraîcheur sur ma peau du petit matin, de l'allégresse giratoire du derviche tourneur.
Confiné dans sa bucolique (et semi-sphérique) tour d'ivoire, le runner frénétique que la rue barbe (et que les murs poussent à repousser ses limites) s'évade en noctambule octambule sur l'octuple sentier sans cesse arpenté. Les mots s'entrechoquent, se bousculent, se combinent, s'agglutinent, facétieux ou mortifères, lumineux ou délétères, féériques ou pathétiques, mémorables ou périssables... à conserver ou à composter. Et la boucle en 8, sans cesse ressassée, sans cesse octuplée, agence et réagence -- tous risques confondus -- les impressions courues.
 
Hexasyllabique, octosyllabique, ou libre et sans forme spécifique, la séance courue sur le Chemin du Covid se retrouve transcrite, décrite et consignée... sur le support d'abord identifié comme le plus approprié : Strava pour ne pas le nommer.
Covidweglauf 100 days
Covidweglauf 100 days
Ainsi, jour après jour, séance après séance, s'est constitué sans que j'y prenne garde un journal de confinement, compilation des sensations recueillies sur le chemin du Covid au gré de l'évolution de la crise sanitaire et de notre vie confinée, densifiée, tranquillement bouleversée.
Ces publications quotidiennes où la course et l'écriture se côtoient, se mêlant, se nourrissant mutuellement,  seront désormais publiées, jusqu'à la fin du confinement et pendant au moins 100 jours, sur Strava et sur l'Hexagonale des Foufous, sous la catégorie #covidweglauf --- les 100 jours de ce sot d'Homme.

Publié dans Covidweglauf